Comment prélever intelligeament des plantes : Mes secrets de composition

globe-en-cristal-sur-la-mousse-dans-une-forc3aat-55283014Vous l’aurez remarqué au fil de mes créations végétales je prélève souvent dans la nature, sur les rebords de route (ou dans les jardins d’amis, de la famille avec leur accord ou même le mien), sur les murets abandonnés, dans les chemins,… Mes matières premières. Bois, mousse, pierre, lierre, lichen, plantes,… Mais comment faire pour ne pas « piller » la nature ? Car l’air de rien, on peut très vite déraper ! Dans cet article je vous expliquerai non seulement les manières dont je procède pour prélever les éléments de mes créas, mais aussi pourquoi cela peut être utile pour vos plantes d’avoir de nouveaux compagnons autour d’elles !Vous le savez depuis un moment maintenant, je n’ai plus de batterie d’appareil photo, du coup les photos proviennent toutes de google (à moins que je ne le précise) 😉

Prélever du lichen, des pierres, du bois, des glands, etc…

lichenPour tout ce qui est glands, pommes de pins, petites branches, pierres, coquillages ou autre éléments de décoration sans racine, je procède d’une manière très simple pour ne pas « piller la nature » je ramasse les spécimens sec qui sont au sol. Pour les coquillages, je fais attention à ce qu’ils n’aient pas de petit habitant à l’intérieur. Le lichen, je le prélève sur les branches mortes au sol. Une fois sec il ne perd pas sa couleur alors autant laisser ceux qui ont un avenir puisqu’encore bien vivants ! Je ne cueille également aucun élément qui a pour unique destination le décor. Pourquoi arracher une branchette, des glands (ou autre) alors qu’au sol il y en a plein. Certes la terre est basse, mais cela vous fera le plus grand bien lors d’une balade ! Quant aux petites pierres, je me contente des les ramasser sur les chemins ou en balade, tant qu’il ne me faut pas déménager tout un site pour les prélever !

Prélever de la mousse

Automne

Pour prélever de la mousse, j’ai trois méthodes. Chacune répondant à un besoin : la quantité.

S’il me faut une seule pièce de plus de 10cm2, je concentre mes recherches en foret et m’arrange pour prélever la mousse dans un endroit où mon prélèvement n’excèdera pas 1/3 du tapis originel. De cette manière, il reste les 2/3 du tapis qui pourra se renouveler assez rapidement. Je recouvre un peu la zone de prélèvement de feuille mortes pour protéger les futures jeunes pousse et je ne reviens plus dans cette zone. Nous avons la chance d’avoir près de chez nous une forêt gigantesque ce qui permet de ne pas risquer de prélever sur les mêmes « spots » ! Par contre je fais attention à ne pas emporter de visiteurs (limaces ou autres) qui ne survivraient pas et emporte un peu du substrat d’origine (un petit verre à eau par prélèvement).

cc by-nc-nd Bruno Monginoux www.photo-paysage.com & www.landscape-photo.netSi je souhaite plusieurs petites touffes mais de variétés différentes les unes des autres, là encore je vais en forêt. Je prélève ici et là sur mon chemin toujours en respectant la même règle. Ne jamais prélever un endroit pus de son tiers afin que les plantes puissent se renouveler et se ré-approprier les lieux. Là encore, je fais attention à ne pas emporter de visiteurs (limaces ou autres) qui ne survivraient pas et emporte un peu du substrat d’origine (un petit verre à eau par prélèvement).

moss-640994_960_720Enfin, si j’ai besoin de toute petite boules de mousse, je me rends en zone « humaine » et je me balade. J’effectue mes prélèvements sur des murs non abandonnés (pourquoi piller ceux qui sont « sauvages » s’il n’y en a pas besoin ?), des morceaux de bétons… Et dernièrement, puisque nous revoyons les tuiles du toit de notre future logement, je prélève sur les tuiles destinées à la déchèterie (ou à servir de remplissage sur le chantier) ! Là peu de chance d’avoir de squatteur en plus, mis à part quelques petits escargots et encore ! Cela ne m’est jamais arrivé !

Il n’y a aucune période particulière pour prélever de la mousse en période de chaleur (ou zone chaude) il faudra plus souvent les vaporiser d’eau voilà tout.

Prélever des succulentes

sedum20hirsutum20all-201785_-_orpin20hirsute20orpin20hc3a9rissc3a9_01Ah, les succulentes ! Souvenez-vous, une semaine entière leur a été dédiée ! J’adore ces plantes… Elles sont tellement faciles et belles ! Cette partie va vous rappeler des souvenir car je l’avais déjà publié lors de notre semaine dédiées aux succulentes !

Pour l’heure, je ne dispose que de 3 espèces : la Joubarbe, l’Orpin et la Ficoïde. Si la première, je maîtrise totalement le sujet, pour les deux autres, j’expérimente seulement. Toutefois, on m’a dit que pour toutes les succulentes ça marchait pareil, aussi voici comment je procède !

48623113Si je n’ai aucun jardin à prélever, je me rends en zone qui a été humanisée mais qui a été abandonné. Murets/murs de pierres et anciens abandonnés, tas de pierres, rochers… Si vous choisissez un muret assurez-vous qu’il soit bien abandonné ! Ne pillez pas un autre jardinier ou il va vous arriver des bricoles ! S’il y a une bonne exposition de votre support, ce sera sur ce genre de choses que vous trouverez des succulentes bien solide : elles auront déjà connu les intempéries, le froid, le gel, la pluie, le vent… Et seront plus facile à s’adapter à leurs nouvelles conditions de vie.

crassulaceae-sedum-alpestre-orpin-alpestre-orpin-des-alpesUne fois mon lieu de prélèvement trouvé, je l’observe et je réfléchis ! Je ne fonce pas tout récolter ! Je dois me poser une question très simple : le site est-il éphémère ou non ? Je m’explique avec un exemple concret. Hier en me baladant avec ma nièce par beau soleil, j’ai trouvé au milieux de la route qui mène à notre future maison, des plans d’Orpins. Comme ça en ligne en plein milieu, à l’endroit ou les véhicules sont susceptibles de rouler puisque la route, ou plutôt rue, mène aux champs travaillés (bétail/culture) donc prochainement, il y aura beaucoup de passage, et puisque nous allons aménager dans une maison vide depuis un an, nous aussi allons les écraser sur notre passage. J’ai donc eu aucune restriction autre que mes besoins. Le site de pousse est éphémère puisque bientôt toutes ces jeunes pousses (1,5cm de haut pour les plus grandes) seront détruites !

sempervivum_commander_hayAutre exemple, sur un muret abandonné (et je vérifie qu’il le soit), sur des rochers, je découvre de nombreuses Joubarbes. Super ! Je vais pouvoir en prélever quelques unes ! Je respecte avec soin la règle du 1/3 prélevé pour 2/3 laissé sur site. Par contre, si sur le muret il n’y en a que 2 ou 3, je passe mon chemin et les laisse tranquille. Je note l’endroit dans un coin de ma tête et reviendrai l’année suivante. Si tout va bien, elles se seront multipliées et là je pourrai en prélever !

Par contre, que ce soit sur un lieu éphémère ou durable, je gratte toujours un peu de terre (pas toujours facile) de l’endroit où j’ai prélevé mes plantes pour m’en servir de « lit » pour les plantes lors de leur transport et ensuite pour la mélanger à la terre de leur futur nouvel habitat.

orpin2Dans les jardins je procède tout autrement ! En premier lieu, je commence par demander l’autorisation. Je ne vais pas me servir comme ça, je ne ne suis pas chez moi.

Ensuite je demande ce que je peux prendre et observe les ou la zone(s) où je vais pouvoir faire mes prélèvements. Là encore on ne fonce pas comme des dingues et on ne saccage pas tout !

Je commence ensuite par prendre les plans qui ont le moins de chance de survie tout en étant en bonne santé. Par exemple, je vais prendre des plans qui débordent là ou les voitures sur garent, sur le rebord du chemin… Bref, ceux qui seront finalement détruits. Ensuite, s’il y a des tapis où je dois prélever un peu, je prends les plans les plus extérieurs à la zone pour ne pas faire de gros trous disgracieux.

Mais quel que soit le site, j’emporte toujours de la terre d’origine pour les raisons évoquées ci-dessus !

Si vous vous demandez à quelle période faire vos prélèvements de succulentes, sachez que vous pouvez le faire toute l’année ! En période de froid, elles sont simplement plus lentes à pousser. Je pratique toute l’année et n’ai jamais de problème tant que vous arrosez correctement.

Prélever d’autres plantes que la mousse et les succulentes

visoflora-feuilles-de-houx-143Comme vous l’avez vu dans mes créations, il m’arrive de prélever du houx, chêne (jeunes pousses), érable (graines), pin (graines), lierre, châtaignier (jeunes pousses), buis (jeunes pousses), plantes couvrantes, crocus, primevères, fraises des bois… Et j’en passe ! Attention cependant, il ne faut jamais prélever n’importe quand, n’importe quelle quantité ! Tout dépend de votre but : créations pour l’intérieur, nurserie, créations pour l’extérieur.

Dans cette partie, je ne vais vous parler que de mon expérience avec les plantes trouvées en balade que je connais et utilise, mais aussi, de certains échecs. N’hésitez donc pas à faire part de vos conseils !

Je vais commencer par vous rappeler les règles de prélèvement avant de voir plante par plante comment je procède.

Réfléchir avant de prélever ! Y a-t-il d’autres pieds de cette plante autour ? Si oui, ne jamais prélever plus d’1/3 et laisser les 2/3 en place. Si non, passez votre chemin, même si c’est tentant. Notez l’endroit et revenez d’année en année. Lorsque vous estimez qu’il y a assez de plants pour que l’endroit n’en devienne pas désert. Prélevez un peu de terre d’origine également. Vous en ferez un « tapis » pour le transport puis vous la mélangerez à votre nouvelle terre (si vous mettez en pot) ou la placerez dans le « trou » où vous allez planter (si vous repiquez en pleine terre).

Mais venons-en aux plantes ! Après tout nous sommes là pour ça et c’est le plus intéressant.

Commençons par les fougères sauvages… Je n’ai jamais réussi à en implanter dans mon jardin ou en pot ou à l’intérieur. Aucune variété ne me survit, j’ignore ce que je fais mal ou pas (voire trop je ne sais pas du tout) au point ou j’ai abandonné ! Je suis donc preneuse de tous vos conseils !

IMG_20160305_142654Pour les primevères, pour ajouter de nouveaux pieds à mon jardin/balcon je récupère les jeunes pousses au printemps et les rentre au chaud. Je les utilise pour des créations temporaires qui servent de nurseries et les repique après les Saintes Glaces (17 mais) dans le jardin.

3bc436a3104e895c5bf4f436cf21cee0Les jeunes pousses de chêne, buis et châtaigniers, elles, je les récupère au printemps, quand elles sortent de terre et les place en pots. Je recouvre ensuite le dessus de sa terre de morceaux d’écorces (pas d’écorces de pin !) ramassées lors de balades en forêt et réduits en petits morceaux. Je les garde au chaud et les sort après les Saintes Glaces. Je leur change la terre en septembre, leur donne du marc de café tous les mois de mai à octobre et ne les rentre plus jamais. Ils vont sur leurs 3 ans (2 pour le buis) et se portent magnifiquement. Ils sont superbes et toujours en pots. J’ai utilisé des 10L donc je n’ai toujours pas besoin de changer de pot ! Si je voulais les planter en pleine terre j’attendrai septembre, période où les arbres & arbustes font leur racines. Je renouvelle l’écorce tous les 6 mois.

houx-commun-ilex-aquifoliumEn février, j’ai tenté 3 jeunes pousses de houx en pot prélevé en forêt. Difficile de vous faire un topo en si peu de temps mais je soupçonne 1 perte à venir sur 3. Toute fois, j’ai procédé comme pour les châtaigniers et le chêne. Je les sortirai après les Saintes Glaces (17 mai). Je ne les repiquerai dans le jardin en septembre pour qu’ils fassent de belles racine ou bien je les garderai en pot auquel cas en juin je les placerai chacun dans un pot de 10L.

post-45866-0-35804100-1418571356Concernant notre superbe Érable de bientôt 3 ans (en Mai), nous sommes partis d’une graine (en réalité 3 mais une seule a germé) que nous avons planté en pot début mai et puis… Nous l’avons oubliée XD En juin, c’est avec plaisir que nous avons découvert une pousse de 5 cm de haut. Il a stagné jusqu’au septembre suivant. Je l’ai alors changé de pot (pour un 10L), je l’ai mis à l’abri du vent et ai recouvert le dessus de sa terre de morceaux d’écorces (pas d’écorces de pin !) ramassées lors de balades en forêt et réduits en petits morceaux. J’ai arrosé de temps en temps et pendant les grosses chaleurs, une fois tous les deux jours. En septembre, je lui ai changé sa terre et début octobre, alors qu’il faisait 50cm de haut, j’ai enlevé l’écorce de la terre et je l’ai rentré au chaud ! Je ne le ressortirait qu’après les Saintes Glaces !

lierre-sauvage-53539816

Passons au Lierre à présent ! Généralement, je le prélève là où il gêne. Si c’est en milieux naturel, je respecte la règle des 1/3 pris pour 2/3 laissé. Si je n’ai pas emporté de racine, je mets la tige du lierre dans l’eau (eau à changer tous les jours) et patiente 14 jours. Dès que j’ai des racines (ou si j’ai pris du lierre qui en avait) je repique toujours en pot car très invasif. Je me sers ensuite de fils de fer, de morceaux de bois pour le faire grimper dans ma composition, leur donner des formes etc. J’arrose une fois par trois semaines en hiver et dès qu’il fait chaud une fois par quinzaine.

Comment préparer le contenu de son pot ?

La culture en pot ne se borne pas à prendre un pot en plastique, lui coller de la terre vaguement piquée ici ou là, mettre la plante et puis basta ! Loin de là ! Si vous voulez de la pérennité dans vos pots, il vous faut un minimum travailler !

Commencez par prendre un pot propre (nettoyez sans produit ménager !). Au fond, recouvrez de graviers ou de billes d’argile. Ajoutez une peu de sable, puis du charbon réduit en poudre. Répandez sur le charbon une petite couche de feuilles mortes de chêne. Le must est d’y ajouter des glands concassés, des coquilles de noix/noisettes/amandes sèches & broyées, coquilles broyées de noyaux de pêches/prunes/abricots broyés (sans les amandes internes). Ensuite ajoutez un mélange 1/3 sable, 2/3 terre. Pour économiser l’arrosage en été, recouvrez en surface de morceaux d’écorces (mais surtout pas de conifère  ou de coquilles vides de fruits secs à renouveler tous les 6 mois. Veillez à ce que les feuilles de vos plantes ne touchent pas l’écorce ou les coquilles.

Pourquoi ramener des plantes d’origines différentes ?

A présent venons-en à l’intérêt de ramener des plantes d’origines différentes ! Outre le plaisir de jardiner, de renouveler ses décors, cela amène du sang neuf. Au fil des générations dans vos « nurseries » (si comme moi vous en avez pour renouveler vos plantes et pouvoir en offrir), le même « sang » (enfin sève) peut finir par épuiser les plantes qui cessent alors de se reproduire ou font des pousses de plus en plus fragiles. Cela est donc plaisant ET utile !

 

Et voilà, désormais vous avez tous mes secrets et quels sont les vôtres ?

Publicités

Une réflexion sur “Comment prélever intelligeament des plantes : Mes secrets de composition

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s